23.02.2006
Matinée et avenir de la Gauche
Je commence ma matinée par un café « senseo ». Pas que je veuille faire de la pub,mais ça ressemble bien plus à un café que le jus de chaussette de nos cafetières électriques traditionnelles. Je préfère le café « éthiquable », du Nicaragua ou du Honduras, juste légèrement mousseux. J’allume distraitement la chaîne home-cinéma pour profiter du son 5.1 à l’écoute de France-Inter (tranche horaire de 6h à 6h45 environ). Cette tranche là a ceci de remarquable que le ton est plus libre que la suivante. Les chefs pas réveillés n’ont pas eu le temps de raturer les commentaires journalistiques.
Vers 6h20 le journal du blog (blogs à part ). Sur le site de France-Inter pour les passionnés de « podcast » vous trouverez les émissions en podcast ) , puis à 6h40, lapage sportive, avec le plaisir d’apprendre ce matin la victoire de Barcelone à Chelsea. Je vous dirais un jour un mot sur Barcelone.
Après ça, toilette du matin, puis départ. Sur la route, branchement sur Europe 1, journal de 7h30, puis musique, et là ça varie, ce matin c’était les concertos brandebourgeois de Bach, je sais on fait ce qu’on peut.
De l’actualité matinale d’aujourd’hui, peu de choses à retenir, ou trop c’est selon. Mais la brusque baisse de popularité de DVD (De Villepin Dominique) me confirme dans mon opinion que 2007 sera l’année de l’alternance alternative. Soyons vigilant, restons prudent, mais les signes continuent de se manifester de ce désir de changement.
Ce qui m’amène sur le terrain glissant des candidat(e )s aux Présidentielles, et notamment au P.S. L’hypothèse d’une victoire de la gauche aiguise les appétits, mais l’ébullition autour de la candidature Royal montre pour moi surtout le désir de voir la gauche se saisir d’un candidat, et tant qu’à faire du point de vue de l’opinion publique, un candidat surprise. Rien que de plus normal. Il n’empêche que dans la dernière ligne droite ne compteront que ceux disposant d’un projet et d’une stature, ce qui n’en déplaise aux ségolomanistes, n’est pas le cas de Mme Royal.
Jugement brutal me direz-vous, vis-à-vis d’une femme qui plus est, ce qui n’est pas dans la tradition française. Mais l’idée quasiment préconçue que ce serait le « tour » d’une femme, ou bien que celle-ci serait par nature plus apte à prendre en compte les aspirations de la population sous-estiment le fait que l’on a beau être femme on n’en est pas moins homme. Ce qui signifie tout simplement que les défauts sont partagés par tous. Oui je suis un tenant de l’égalité homme/femme, ou femme/homme comme vous préférez.
Qu’attend donc l’électeur de gauche ? Un projet. De gauche si possible, dans la triste épopée de Lionel Jospin en 2002 je garde en mémoire la déclaration maladroite à la télévision selon laquelle son programme n’était pas socialiste. Je n’oublie pas non plus cette difficulté à rassembler dès le premier tour, parce que le scrutin majoritaire à deux tours a cette logique implacable de devoir rassembler son camp au premier tour.
Il me semble donc qu’il existe dans notre société française d’aujourd’hui, et notamment dans le camp de la gauche, deux fractures fondamentales :
- la première c’est ce sentiment d’insécurité « sociale » : menace sur l’emploi, menace sur les retraites, menace sur le droit du travail, menace sur l’outil de travail susceptible de déménager en deux coups de cuiller à pot d’un continent à l’autre. Dans ce sentiment le discours libéral n’est pas étranger à la chose, et lorsque l’on se retrouve avec ce discours dominant dans l’Europe des 25 avec Barroso (voir son intervention scandaleuse à l’Assemblée Nationale) on comprend mieux le résultat du referendum.
- La seconde c’est le sens de la gauche : il y aurait nous dit-on la gauche « réaliste »,sous-entendu responsable sachant gérer, et la gauche « utopiste »,sous-entendu irresponsable et bien sûr inconsciente du sens de l’action publique. Depuis la naissance de la gauche cette vieille querelle perdure. En France notamment nombreux ont été ceux qui ont regardé avec nostalgie l’exemple allemand, ou britannique, voire suédois. Sauf que… Sauf que, notre système électoral n’a rien à voir avec nos voisins. Sauf que nous avons eu le Congrès de Tours en 1920. Sauf que le syndicalisme français s’est construit sur une tradition d’indépendance vis-à-vis du politique. Quelle conclusion en tirer ? Simplement qu’il faut rester fidèle à ses convictions, et que la Gauche, réaliste ou utopiste est là pour changer la société, instaurer plus de justice, permettre l’égalité des chances.
La tentation sociale-démocrate, incarnée par Mme Royal lorsqu’elle dit admirer Tony Blair ne répond pas au modèle français. Parce que ce serait mettre la charrue avant les bœufs, la première tâche des socialistes issus du Congrès d’Epinay n’a pas changé depuis 1971, c’est d’abord assurer l’unité à gauche, construire les convergences rendant possible une réunification, c’est comme le disait Jaurès « comprendre le réel pour aller vers l’idéal ».
Voilà à quoi je pensais ce matin dans une circulation étonnamment fluide, avant d’arriver au bureau. Voilà ce que les gens attendent de nous, garder les yeux fixés sur cet objectif : Donner une chance à chacun. Pour moi c’est cela l’honneur de la Gauche.
10:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, socialiste, présidentielles, villepin, gauche


