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10.05.2006
25 ans !
10 Mai 1981 !
25 ans déja ! Merci à toi François, pardonne cette familiarité, mais grâce à toi je me suis engagé, grâce à toi j'ai donné corps à mon rêve, j'ai lutté, je me suis indigné, enthousisasmé. Grâce à toi, j'ai vu la France abandonner la peine de mort, débuter sa modernisation, sortir de 23 ans de ringardise.
Grâce à toi j'ai su mêler l'idéal au réel comme le disait Jaurès. Il paraît que tu as fait des erreurs. Il paraît qu'enfermé dans une tour d'ivoire tu étais devenu un monarque républicain. Il paraît tellement de choses. Toute ta vie les détracteurs ne t'ont jamais laissé en paix.
Ton amour des mots fut taxé de machiavélisme, et pire encore de byzantinisme. Tu as suscité les haines les plus farouches, au côté des engagements les plus fervents.
Tu as su construire la gauche, moderniser nos institutions, rendre possible l'alternance, redonner espoir. Il paraît que tu as déçu, il parait que tu as menti. Il paraît encore.
Mais tant pis, grâce à toi, j'y crois encore. Oui je crois encore à une France de la jeunesse, de la révolte, de l'action contre l'inexorable. C'est pour cela que je me suis toujours battu, et que je me battrai encore.
Les relents de l'actualité avivent mes regrets. Quelle est donc cette France empêtrée dans cette opérette de bas étage ?
Encore un an à ce rythme et nous serons la risée de tous. Mais je n'ai pas envie aujourd'hui de parler de ça. Je me souviens juste de cette matinée de 1975, Rue de Bièvre, ou avec quelques camarades tous impressionnés comme moi, nous avons discuté, et bu un "coca-cola" (tiède comme il se doit). Ce mélange de froideur, de ecret apparent, et cette braise chaude dans la voix et le regard. Je me souviens comme si c'était hier.
Et cette soirée du 10 Mai, ou dans le train que j'avais pris pour rejoindre Lyon, les contrôleurs ne verbalisaient pas les voyageurs sans billets puisque les choses allaient changer.
Je me souviens de cette défaite de 1986, et du gouvernement cahotique, déja, d'un certain Chirac. De la victoire de 1988 de cette campagne tout en douceur. De défaite amère de 1993, des mensonges d'une droite calamiteuse, là aussi déja. Du suicide de Pierre Bérégovoy et de ta rage que je partageais.
Enfin ta mort, de la tristesse, qui perdure.
Alors tant pis, moi je t'aime quoiqu'on dise, et tu nous manques !
09:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Commentaires
Ah ben oui ça fait 25 ans aujourd'hui. Ca nous rajeunit pas.
T'es nostalgique dis-donc toi ce matin.
Anecdote du 10 mai 1981: j'avais 10 ans et je m'en souviens comme si c'était hier (et pourtant...), la liesse, l'espoir des grands, les verres de champ, les larmes aux yeux. A 10 ans on ne comprend pas vraiment mais on sait que qqch est en train de se passer. Bon en tout cas moi ce 10 mai 1981, j'avais trouvé un trèfle à quatre feuilles. Vrai de vrai. Poétique, non? Prophétique, je ne sais pas.
Ecrit par : Fab | 10.05.2006
jolie ton histoire..... :))
Ecrit par : le blognoteur | 10.05.2006
Merci Tonton !!!
Ecrit par : Nico2312 | 10.05.2006
allez arrêtes de déconner ! reviens tonton... on a besoin de toi !
Ecrit par : m-AI, serveuse en CNE | 10.05.2006
... et puis dis à Fafa d'arrêter de déconner...
Ecrit par : Nico2312 | 10.05.2006
Pour moi c'est lui, et y a pas photo.... !
Ecrit par : le blognoteur | 10.05.2006
Vous devriez aller faire un petit tour sur les archives de l'INA...
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?full=debat+mitterrand&action=ft&x=2&y=4
Bon pélerinage!
Cécile.
Ecrit par : Cécile | 11.05.2006


